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LE DOCTEUR.

Oui, vous êtes logique ; mais le monde ne l’est guère… Vous ne vous en moquerez pas toujours… Avant peu, telle que vous êtes, vous en aurez les manières et le langage, et peut-être les idées, les besoins et les goûts. Pédrolino restera bon et simple ; on le raillera, il se sentira peut-être votre inférieur, votre obligé… il en souffrira… Vous n’y comprendrez rien d’abord, et peu à peu viendront le chagrin, la méfiance, le dégoût, l’aversion peut-être !… Voyez par cette première querelle ce que pourra être l’avenir… Réfléchissez… C’est mon devoir de vous avertir, car je sais bien qu’un jour peut-être vous me voudriez un mal de mort de ne l’avoir point fait.


VIOLETTE, pensive et absorbée.

Eh bien, monsieur le docteur, voilà ce qui s’appelle parler, et je vous en remercie ; j’entends bien votre idée, et je vas y donner intention.


LE DOCTEUR.

À la bonne heure, soyez donc prévoyante ! (À part en la regardant rêver.) Bah ! elle ne le sera que trop tôt ! Mais ce notaire nous a oubliés, et il faut absolument songer aux affaires, aujourd’hui… Le temps se passe… Je vais le chercher moi-même. (Il sort par la gauche. Revenant.) Ah ! vous savez que je vous ai défendu de rien promettre, de vous engager à quoi que ce soit, hors de ma présence.

Violette fait signe que oui machinalement. Le docteur sort par le fond.




Scène VIII


VIOLETTE, PASCARIEL.


Violette seule, immobile et perdue dans ses réflexions comme l’était Pédrolino à la fin du deuxième acte.

PASCARIEL, qui a guetté la sortie du docteur.

Ah ! enfin, il s’en va !… Dépêchons !

Il fait signe derrière lui.