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ANTOINE.

Vous n’estimez pas un honnête homme plus que tout.


VICTORINE.

Oh ! par exemple !


ANTOINE.

Il ne s’occupe pas assez de vous, il ne cherche pas à vous plaire, et, moi, je ne sais pas ce que c’est que de choisir un gendre !


VICTORINE.

Si, si, si, si !… Mon Dieu, si !


ANTOINE.

Eh bien, alors, que voulez-vous donc ? quel mariage prétendriez-vous faire ? Vous méprisez le rang de voire père ! Un commis, un homme qui travaille, fi donc ! Il vous fallait un marquis, un prince !


VICTORINE.

Moquez-vous de moi tant que vous voudrez, mon papa, mais j’ai peur de ne pas aimer assez mon mari… qu’il ne soit pas content de mon caractère… que je ne sois pas assez raisonnable pour lui… Enfin je trouve que c’est trop tôt de se marier à dix-sept ans.


ANTOINE, se mettant à son bureau.

Plût à Dieu que vous fussiez mariée depuis longtemps !


VICTORINE.

Oh ! pourquoi donc ?


ANTOINE.

C’est inutile que vous me compreniez. Voyons, séchez vos bêtes d’yeux, et prenez votre ouvrage pendant que je vais faire le mien.


VICTORINE.

Est-ce que vous avez besoin que je reste ici, mon papa ?


ANTOINE.

Et où voulez-vous donc aller encore ? Vous n’êtes jamais avec moi.


VICTORINE.

Oh ! j’y resterai tant que vous voudrez, je ne suis jamais