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COLOMBINE.

À quoi jouerons-nous bien ?


PÉDROLINO.

Ah ! il ne manque pas de jeux : il y a le saute-mouton, le chêne fourchu, la cabriole et pile-moutarde.


COLOMBINE.

Voilà des exercices bien propres pour une personne de mon sexe !


PÉDROLINO.

Eh bien, jouons à la main chaude ?


COLOMBINE.

À deux ? On ne peut pas se tromper.


PÉDROLINO.

Oh ! que si. On se met dans la main des choses à deviner. Je vous y mets une pierre ? Il faut que vous n’alliez pas vous imaginer que c’est une paille. Vous me piquez d’une épingle ? Je suis bien pris si je dis que c’est d’une pioche.


COLOMBINE.

Quel innocent ! Tiens, jouons au pied de bœuf.


PÉDROLINO.

Oh ! ça, c’est des jeux à tâter les mains.


COLOMBINE.

Eh bien, crains-tu que les miennes ne t’écorchent ?

Elle les lui passe sur la joue.

PÉDROLINO.

Pouah ! comme vous sentez bon ! ça fait tourner le cœur. Allons, jouons-nous ? (À part.) Attends ! attends ! je vas t’ôter le goût de jouer des pattes avec moi.

Ils jouent les mains placées sur les genoux de Pédrolino, qui s’est assis sur un banc à droite. Colombine s’agenouille sur ses talons près de lui.

COLOMBINE.

Une.


PÉDROLINO.

Deux.


COLOMBINE.

Trois.