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Scène IX


COLOMBINE, puis PÉDROLINO.




COLOMBINE.

Oui-da, cherchez bien. (Se retournant vers la gauche.) Par ici, par ici, mon agneau !


PÉDROLINO.

Ah ! nous y v’là donc, à la parfin ? En v’là bien assez de ces virevoltes que vous me faites faire dans vos allées tournantes, et de ces causettes que vous me dégoisez. (Allant au bosquet.) Eh bien, où est-elle donc passée, Violette ?… Je vas la chercher ; adieu, mamselle.


COLOMBINE, le retenant.

Vit-on jamais un naturel plus farouche ? Me veux-tu donc assujettir, ingrat, à la confusion de ne pouvoir cimenter aucun lien de tendresse entre nous ?


PÉDROLINO.

Morguoi ! vous jargonnez là d’une drôle de façon.


COLOMBINE.

Si je manque d’éloquence pour te charmer, c’est que la mousqueterie de tes yeux estropie ma liberté ! Eh quoi ! ta conscience peut-elle dormir en repos, quand elle a à faire tant de restitutions ?


PÉDROLINO.

Oh ! si vous continuez comme ça, vous allez me faire tomber comme une linotte devant un crapaud. On dirait que vous marmottez des charmes pour m’abasourdir ; eh vrai ! v’là que ça m’ prend !

Il bâille.

COLOMBINE, à part.

Quelle franche brute ! (Haut.) Je vois que tu t’ennuies ; tiens, jouons à quelque jeu en attendant nos dames.


PÉDROLINO.

Jouons ! ça vous empêchera de tant causer.