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VIOLETTE.

T’as rêvé de moi !


PÉDROLINO.

Je rêvais que je te tenais la main, la, comme ça, et que nous allions nous marier !… Dame ! j’étais fier ! Je riais à tout le monde, quoi ! Mais v’là que mon rêve s’est gâté ; car, tout d’un coup, l’église s’est changée en une grosse pastèque, le clocher en asperge, les témoins en gousses de pois verts, ta marraine en tomate (Marinette hausse les épaules), moi en navet, et toi…


VIOLETTE.

Et moi ?


PÉDROLINO.

Et toi en une belle petite rave, couleur de ton nom, qui s’est enfoncée dans la terre, mais si avant, si avant, que je ne voyais plus que le bout de tes feuilles… Et ça m’a rendu triste !…


VIOLETTE.

Bah ! c’est un rêve de jardinier !… Tu travailles trop !


MARINETTE.

Lui !… un paresseux !


PÉDROLINO.

Paresseux, moi ? C’est donc de tout à l’heure, la marraine ?


VIOLETTE.

Eh ! non, marraine, vous savez bien qu’il a du courage !… voyez donc s’il n’a pas une franche figure de bon chrétien ?… Est-ce que vous ne voyez point dans ses yeux qu’il m’aime, et qu’il vous aime aussi, de tout son cœur ? Allons, allons, embrassez-le, ma vieille mignonne ; c’est votre soutien, c’est votre enfant. Il nous rendra bien heureuses, et vous serez contente de l’avoir pour vous réjouir et vous dorloter.


MARINETTE.

Je ne dis pas… mais…

Pédrolino lui tend sa joue, qu’elle embrasse en rechignant.