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Scène XV


Les Mêmes, MADELEINE, PIERRETTE, DUPARC, CONDÉ, BRÉCOURT, les Ouvriers.




CONDÉ, au fond.

Il est encore ici !


MADELEINE.

Oui, et nous sommes inquiets de ne le point voir rentrer ; nous venions savoir s’il est plus mal.


PIERRETTE, s’approchant.

Eh bien, monsieur Molière, vous ne venez donc point souper ?

Molière reste absorbé, debout.

BRÉCOURT, à Baron.

Tu es fort troublé ; qu’y a-t-il ?


UN OUVRIER, s’approchant de Condé.

Oh ! il n’est pas plus mal ; nous l’entendions réciter quelque chose, avec M. Baron : jamais il n’a eu la voix si forte.


CONDÉ.

Alors, il est beaucoup mieux ? (Haut.) Molière, je viens de voir le roi. Les cabales de vos ennemis échouent devant l’estime qu’il vous porte, et, pour preuve, il vous mande auprès de lui, afin de s’entendre avec vous, sur le plan d’une fête qu’il veut donner avant d’aller prendre le commandement de son armée. Êtes-vous en état d’aller assister au petit coucher du roi ?


MOLIÈRE, sortant de sa rêverie.

Le roi ?… une fête ?… Molière ?… (Il s’affaisse lentement sur un fauteuil.) Prince, veuillez dire au roi que Molière se meurt et n’a plus de maître ici-bas !


MADELEINE.

Oh ! ciel ! il se meurt, on effet !


PIERRETTE.

Du secours ! Oh ! mon Dieu ! du secours !