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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/450

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MOLIÈRE.

Je ne t’aime plus, Armande ! Armande, je te reprends, je te gronde ! c’est que je t’aime toujours comme ma fille !


ARMANDE.

Comme votre fille ?


MOLIÈRE, troublé.

Ma fille ! Ah ! les infâmes ! ils prétendent, souiller le doux nom que j’avais l’habitude de te donner ! vouloir m’empoisonner cela ! un sentiment si pur, si religieux, et qui a toujours été le refuge de mon propre cœur dans les orages qui l’ont bouleversé !


ARMANDE.

Ne pensez plus à cela, Molière ; je l’aimerai toujours, ce nom de votre fille que vous me donnez, et c’est pourquoi je suis jalouse d’entendre M. Baron vous appeler aussi son père.


MOLIÈRE.

Jalouse, vous jalouse de mes affections ? et depuis quand ?


ARMANDE.

Depuis que vous en honorez un indigne.


MOLIÈRE.

Armande ! je t’en supplie, ne trouble point mon âme par un caprice. Tu es soupçonneuse, susceptible ! Combien de fois n’as-tu pas accusé injustement ceux qui m’entourent et jusqu’à la pauvre Laforêt, qui donnerait sa vie pour toi et pour moi ! Quand même Baron serait ingrat… ne me le dis point. Je suis bien malade, ma pauvre enfant… Laisse-moi passer en paix mes derniers jours.


ARMANDE.

Vous me fermez la bouche, Molière ; je souffrirai en silence. Ah ! vous êtes bien changé pour moi, puisque vous êtes aveugle à ce point sur ce qui me concerne !


MOLIÈRE, ému.

Quel papier tenez-vous là ? Voyons, parlez !