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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/446

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BARON.

Il pleut ? Ah ! je cours vous chercher ma chaise et la faire avancer jusqu’ici.

Il sort.




Scène XII


ARMANDE, MOLIÈRE.




MOLIÈRE.

Qu’est-ce donc, Armande ? pleurez-vous ?


ARMANDE.

Je souffre, mon ami ; une migraine affreuse, un malaise incroyable et beaucoup de tristesse.


MOLIÈRE.

Quoi ! à propos de cette requête du sieur Montfleury ? Vous ne pouvez point mépriser cette infamie, dont votre sœur et moi ne prenons nul souci ?


ARMANDE.

Libre à ma sœur d’avoir ce courage-là. Mais de telles calomnies rejaillissent sur moi et me font une situation odieuse ou ridicule.


MOLIÈRE.

Et vous vous en prenez à moi de ce que j’ai des ennemis méprisables ?


ARMANDE.

Non pas, mon ami ; mais enfin, vous devriez…


MOLIÈRE.

Je devrais n’être pas malade, quasi mourant, sans doute ! Je devrais avoir la force de vous venger. Mais croyez-vous m’avoir donné là un cordial bien salutaire que de m’être venue raconter vilement une noirceur que tous mes amis m’eussent cachée avec soin ?


ARMANDE.

D’abord, vous voyez votre mal trop en noir, Molière. Je ne veux point que vous me vengiez autrement que par un recours au roi…