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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/430

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LA VIEILLE DAME.

Vous me ferez plaisir. (Faisant une grande révérence à Condé, qui ne la voit point.) Je suis votre servante.

Elle s’en va.

LE BEL ESPRIT, resté seul avec Condé sur le devant du théâtre ; il se rapproche de Condé, qui ne fait pas attention à lui.

M. le Prince me paraît en peine de quelque chose ?


CONDÉ, brusquement.

Moi ? Nullement ! Que me voulez-vous ?


LE BEL ESPRIT.

Je pensais que Votre Altesse royale attendait ici ses gens. Tout le monde est sorti et j’allais m’offrir pour faire avancer la suite et les équipages de Son Altesse.


CONDÉ, sèchement.

C’est trop d’empressement.


LE BEL ESPRIT.

Si j’ai déplu à Votre Altesse royale…


CONDÉ.

Où voulez-vous en venir ? Vous demandez quelque chose ? Je ne donne point audience ici ; mais enfin qui êtes-vous et que réclamez-vous ?


LE BEL ESPRIT.

Je suis homme de lettres, poëte, musicien et peintre.


CONDÉ.

C’est beaucoup. Après ? Dites vitement.


LE BEL ESPRIT.

Je m’adonne en particulier à la facture des beaux vers, et je crois que ma muse, encore gênée dans les entraves de l’obscurité, prendrait un éclat digne de son ambition, si M. le Prince, l’illustre protecteur des lettres, daignait…


CONDÉ.

Ah ! ce sont des vers ? quoique sonnet ?


LE BEL ESPRIT.

Ce n’est qu’un mince échantillon de la facilité qu’on peut avoir, un impromptu sur la mort de…