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Scène VIII


ARMANDE, BARON.




ARMANDE, à Baron, qui veut sortir aussi.

Tu ne me dis rien, mon pauvre Baron ?


BARON.

Avez-vous quelque chose à m’ordonner, madame ?


ARMANDE.

Et toi, n’as-tu aucune consolation à me donner après les chagrins d’hier ?


BARON.

Je vous plains sans doute, Armande, et de toute mon âme, de ne vouloir point comprendre l’affection d’autrui, et de chercher des sujets d’amertume.


ARMANDE.

Mon cher enfant, je suis fort tentée de retourner avec Molière ; mais tu m’as abandonnée hier sans merci et sans courage aux malédictions et aux injures.


BARON.

Mon Dieu, je ne sais quel appui vous prêter, moi ! vous doutez de tout le monde.


ARMANDE.

Je veux croire Molière et toi, vous seuls ! je vais retourner dans ma prison d’Auteuil, et n’en sortirai plus qu’avec vous pour jouer la comédie. Seras-tu content ?


BARON.

Mais c’est Molière et vous-même qu’il faut contenter ! Que vous importe ?…


ARMANDE.

Tu ne veux donc point de mon amitié ? tu me refuses la tienne ?


BARON.

Armande !… je vous suis tout dévoué, moi, vous le savez bien ! mais…