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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/418

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un regard de ce qu’on aime, ne sont-ce point là des biens inappréciables que ternit le souffle du vulgaire et que son œil profane ? Oh ! l’amour partagé ! ce doit être l’infini, et qui est aimé de la sorte n’a besoin ni du ciel ni des hommes.


ARMANDE.

Vraiment, Molière, je ne vous ai vu jamais si aimable pour moi et j’en suis touchée ! Tenez, je veux vous complaire : répétons notre scène.


MOLIÈRE.

Non, non, plus de scènes, plus de vers, plus de fictions ! dis-moi que tu veux ne te plaire qu’avec moi seul…




Scène VI


Les Mêmes, DUPARC.




DUPARC, à Molière, qui contient un geste d’impatience en le voyant entrer.

Vive-Dieu ! Molière, nous allons bien. Le public est transporté. Il y a bien quelques murmures, et certains sournois ont pris place sur le théâtre pour tâcher de nous refroidir et de nous décourager. Ils espèrent que l’apparition tardive du Tartufe en personne gâtera tout. Mais c’est le moment de vaincre.


MOLIÈRE.

Est-ce que le second acte est fini ?


DUPARC.

Pas encore. Tu as répété la scène avec Elmire ?


MOLIÈRE.

Non ! je n’y ai plus l’esprit.


DUPARC.

Comment, diable ! tu vas perdre la tramontane dans le pire moment ?


ARMANDE.

Répétons, répétons, Molière ! Le succès dépend de moi !