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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/392

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seaux chantent. Tiens, Laforêt, tiens ! la petite qui court après un papillon ! Ah ! cette grâce ! cette splendeur de la vie !… J’ai vu sa mère presque comme cela !


PIERRETTE.

Eh bien, eh bien, elle n’est pas si loin, sa mère ; et vous n’avez qu’à lui écrire, elle reviendra.


MOLIÈRE.

Elle est loin… bien loin de la route de son devoir…


PIERRETTE.

Eh ! non, monsieur, elle est à Paris, dans votre appartement, rue de Richelieu.


MOLIÈRE.

Non ! je te dis qu’elle n’y est point ; elle court les champs, les châteaux, les palais ! Il lui faut la vie d’une reine !


PIERRETTE.

Dame ! elle s’ennuie un peu ici ; elle est encore jeune… plus jeune… que vous, et toujours belle comme un ange ; elle aime à se faire brave, à se faire voir. Tout ça lui passera, allez ! et, puisqu’elle est sage, laissez-la faire… Songez à vous-même, écrivez vos comédies, ne vous saboulez point l’esprit à d’autres choses… Réjouissez-vous avec vos amis, vous en avez de bons… M. Baron qui est là comme votre fils, un honnête garçon, lui ! un joli comédien déjà, et qui vous fera honneur… Et tenez, en voilà encore deux, et des meilleurs, qui se sont levés de grand matin pour venir vous souhaiter votre fête.


MOLIÈRE, toujours à la fenêtre.

Ah ! oui, Duparc, Brécourt, mes fidèles compagnons ; je les aime également, bien que l’un me fasse toujours du bien et l’autre toujours du mal.


PIERRETTE.

Bah ! il a une chienne d’humeur, M. Duparc, mais au fond, allez ! ce n’est pas celui qui vous aime le moins.

Elle va ouvrir la porte du fond.