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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/367

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une épingle. Le roi ne mettra guère que cinq minutes entre les deux levers de rideau pour se travestir en Égyptien.


MOLIÈRE.

Où est Baron ? Le petit Baron est aussi du ballet.


DUPARC.

Oh ! celui-là, vous ne le tenez point. Il se sera oublié devant quelque nappe d’eau, non point à contempler les tritons et les naïades de bronze, mais à se consumer d’amour pour sa propre image, comme le beau Narcisse, de sotte mémoire !


MOLIÈRE, s’arrangeant toujours.

Que veux-tu ! il est beau, cet enfant, il plaît à tout le monde : il faut bien qu’il se plaise un peu à lui-même.


DUPARC.

Oui, oui, vous faites bien de l’y encourager ! C’est à vous de savoir ce que vous coûte la braverie de votre fils adoptif.


BRÉCOURT.

Eh bien, quand le jeune Baron coûterait à Molière quelques canons et quelques dentelles, ne faut-il point faire une affaire de ces amusements d’enfant !


DUPARC.

La peste soit d’un enfant de cette taille-là, et à qui le poil follet commence à danser autour du menton ! Demandez aux filles de chambre des filles d’honneur ce qu’elles en pensent !


BRÉCOURT.

Est-ce qu’il en coûte à ta femme ?


DUPARC.

Je ne me soucie point de ma femme. Depuis qu’elle galope comme un page dans les carrousels du roi, il ne me semble plus qu’elle soit ma femme, mais mon palefrenier.


MOLIÈRE, ayant fini de se grimer.

Allons, partons ! (Il fait sortir tous ses acteurs, et, au moment de sortir lui-même, il se retourne vers Armande, qui est restée près de la