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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/358

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veux la porter toute ma vie !… C’est beau, un diamant ! cela brille comme le soleil, comme la gloire ! À regarder cela et à songer à cet homme-là, le vertige vous prend !


MOLIÈRE.

Enfant, la gloire vous tourne la tête !


ARMANDE.

Oui, oui, philosophez là-dessus, vous autres qui n’en avez point, qui n’en aurez jamais !… Moi, j’en veux ; moi, j’en ai, puisque le grand Condé a fait attention à moi !


MOLIÈRE.

Il y a plus d’un chemin pour arriver à la gloire, Armande… Mais vous ne m’écoutez point… (À Madeleine.) Elle a la tête perdue, votre petite sœur, et vous allez la voir vous mépriser désormais. (Baissant la voix.) Eh bien, croyez-vous encore que je puisse songer à épouser cette glorieuse ?

Il se dirige vers la voiture, qui va se mettre en marche.

MADELEINE, à part.

Dieu en soit béni ! Molière n’aura jamais de gloire !


ACTE DEUXIÈME

Au palais de Versailles. — Une salle d’attente servant de foyer aux acteurs. Toilettes, miroirs. Porte au fond. Une fenêtre donnant sur les jardins. Une porte de côté qui est celle du cabinet de toilette de Molière.




Scène PREMIÈRE


PIERRETTE, MOLIÈRE.


Molière, en costume de Sganarelle, sort du cabinet avec Pierrette Laforêt, qui continue de l’habiller en marchant.


MOLIÈRE.

Allons, allons, Laforêt, c’est bien ; je suis prêt, n’est-ce pas ?

Il s’approche et regarde l’heure à une pendule placée sur la cheminée.