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MOLIÈRE.

Je vous le dirai tout à l’heure, quand il sera parti. Plions bagages, nous autres.

Brécourt et Duparc commencent à enlever les accessoires.

PIERRETTE.

Oh ! vous partez donc déjà ! Voilà que je commençais de m’accoutumer à vous autres, et que je vais m’ennuyer de n’avoir plus personne à qui parler.


MOLIÈRE.

Eh ! elle est gentille, cette petite ; elle n’a point la mine d’une sotte.


PIERRETTE.

Oh ! si fait, monsieur, pour sotte, je le suis ; car on me le dit sans cesse, et personne ne me veut tenir compagnie. Mais je suis de bon cœur, allez ! et, si vous vouliez m’emmener pour engraisser vos poules, garder vos oies, traire vos vaches…


MOLIÈRE.

Je le voudrais bien ; mais le malheur est que je n’ai aucune de ces bêtes-là. Voyons, ne saurais-tu aider et soigner les personnes.


PIERRETTE.

Voire ! j’apprendrais.


MOLIÈRE.

Mesdemoiselles, vous n’avez point de fille de chambre, et vous en cherchez une. Est-ce que celle-là ne vous réjouira point par sa bonne humeur ?


MADELEINE.

Si fait. Comment t’appelles-tu, mon enfant ?


PIERRETTE.

Pierrette Laforêt, toute prête à vous suivre, mamselle !


MADELEINE.

N’as-tu point de parents qui s’y opposeraient ?


PIERRETTE.

Je n’ai jamais eu ni père ni mère, ni oncles ni tantes : je suis une enfant du bon Dieu. J’ai été trouvée au mitan