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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/342

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LE CAVALIER.

Non pas ; mais nous couperons-nous la gorge pour si peu ? Vendez-moi votre part de ce déjeuner ; car, si j’avais un royaume, je le donnerais à cette heure pour un morceau de pain.


BRÉCOURT.

Monsieur, je ne suis point marchand vivandier, et ne tiens point auberge. Je suis fort marri de vous chagriner ; mais il faut, s’il vous plaît, que vous receviez une petite leçon pour avoir touché sans ma permission à des choses confiées à ma garde. Choisissez de la rapière ou du bâton !


LE CAVALIER.

Allons, vous l’exigez ? J’en suis fâché pour vous, je vous jure.

Ils croisent l’épée.




Scène XII


Les Mêmes, MOLIÈRE, ARMANDE, MADELEINE, DUPARC, PIERRETTE.




MOLIÈRE, séparant leurs épées avec sa canne.

Halte-là, messieurs !… Brécourt, qu’est-ce donc ?



BRÉCOURT.

Laisse, laisse, Molière : je suis en train de mettre à la raison un voyageur de trop grand appétit que j’ai surpris nous dévalisant de nos vivres.


MOLIÈRE.

Le cas est grave, car nous avons grand appétit aussi. Voyons, monsieur l’affamé, qu’avez-vous à dire pour votre défense ?


LE CAVALIER.

Monsieur, puisque vous ne me paraissez pas disposé à prendre la chose au tragique, je vous avouerai que j’ai agi un peu cavalièrement. La fatigue où je succombe et les affaires qui me pressent me peuvent seules excuser. Je comptais