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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/338

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toutes mes veilles, toutes mes pensées. Je ne me laisserai distraire ni par les sentiments du cœur ni par les charges de la famille. Vous voyez donc bien que je ne me dois point marier, à moins que je ne devienne fort riche et fort célèbre. (Souriant.) Ce qui n’est point vraisemblable : que vous en semble ?


MADELEINE.

Je sais vos résolutions, et me suis associée à vos intérêts, sur le pied que nous ne devions nous marier ni l’un ni l’autre. Mais, à ce compte-là, Molière, vous ne devez point aimer ma sœur, et j’ai sujet d’en être inquiète.


MOLIÈRE.

Non, Madeleine, vous n’avez point sujet de l’être ; car je suis un galant homme, et vous le savez bien.


MADELEINE.

Vous me donnez donc votre parole sérieuse et réfléchie que vous verrez toujours Armande avec les yeux d’un frère ?


MOLIÈRE.

Oui, ma bonne amie, recevez-la devant Dieu.


MADELEINE.

J’y crois, et j’y compte.


BRÉCOURT, derrière le théâtre.

Molière ! hé ! Molière !

Molière va vers lui.

MADELEINE, à part.

J’y crois… j’y compte, et cependant je souffre !




Scène VII


MOLIÈRE, BRÉCOURT, MADELEINE, PIERRETTE.




BRÉCOURT.

Voici un plaisant accident ! nous avons toutes choses pour déjeuner, hormis du pain que nous avons oublié. (Montrant