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PIERRETTE.

Je n’y connais pas grand’ chose : je ne sais point calculer l’argent.


BRÉCOURT.

Tu ne gagnes donc point ta vie à garder les oies ?


PIERRETTE.

Si fait, je gagne mon pain : on me donne des sabots par-dessus le marché.


BRÉCOURT.

Eh bien, veux-tu gagner cette pièce d’argent ?


PIERRETTE.

Nenni, monsieur, si c’est à faire quelque chose contre le bien du roi.


BRÉCOURT.

Oh ! oh ! tu tiens pour le bien du roi, toi ?


PIERRETTE.

Moi ? Dame, je ne sais pas.


BRÉCOURT.

Sais-tu ce que c’est que le roi ?


PIERRETTE.

Je ne l’ai jamais vu.


BRÉCOURT.

Mais tu crains les frondeurs ?


PIERRETTE.

Ah ! oui, par exemple !


BRÉCOURT.

Qu’est-ce que c’est que les frondeurs ?


PIERRETTE.

Dame, on dit que… Ma foi, je ne les connais point, moi. Vous me dites là un tas de choses que je n’entends mie. On dit comme ça chez nous qu’il faut agir pour le bien du roi ; et puis voilà : je n’en sais pas plus long.


BRÉCOURT.

Allons, je ne t’en demande pas davantage. Veux-tu nous aider, mes camarades et moi, à déjeuner sous ces arbres ?