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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/303

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comme tant d’autres ! Je me suis peut-être trompé, ma faute m’a porté nuisance et j’ai manqué plus d’un mariage. Voilà pourquoi j’ai quitté notre endroit et suis venu chercher femme par ici, avec l’intention de vous faire un sort aussitôt que j’aurais payé mes dettes. Mais au lieu de m’y aider, vous m’avez traversé encore une fois. Finissons-en donc, demandez-moi ce que vous voudrez, et quand on saura que j’ai réparé mon tort, on ne me rebutera plus par ailleurs.


rémy.

Vous êtes bien généreux, monsieur Ronciat, de vouloir contenter un homme capable de demander de l’argent en échange de son honneur, ou il faut que je sois bien avili pour que vous osiez m’en faire l’offre ! (Faisant un pas en avant et s’adressant aux autres.) Braves gens, qui m’avez recueilli et assisté depuis la moisson dernière, dites-moi donc si, pendant que j’étais malade et peut être hors de sens, je n’ai point fait quelque bassesse qui ait pu autoriser monsieur Ronciat à venir me faire un pareil affront devant vous !


fauveau.

Oh ! par exemple, non ! Vous êtes un homme bien respectable, j’en lève la main !


la mère fauveau.

Et moi pareillement ! Et votre fille est digne de vous.


rose.

Et il n’y a qu’un lâche qui puisse vous offrir de l’argent.


la mère fauveau.

Ne les excitez point, dame Rose ! Le père Rémy couve une grosse colère.

Sylvain se relève brusquement, semble sortir de sa rêverie, et reste les yeux fixés sur Claudie.


rémy.

N’ayez crainte, mère Fauveau. Je suis aussi tranquille à cette heure que je le serai au jour de ma mort. Ça vous étonne ? Ça t’étonne aussi, maître Ronciat ! Tu t’es peut-être souvent demandé pourquoi j’ai patienté cinq ans avec toi ;