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elle s’approche de Sylvain avec inquiétude. Rémy se place derrière la chaise de sa fille elle la regarde sans rien dire.


denis, au milieu du théâtre.

Par ainsi, différemment, vous êtes étonnés de me voir.


rose.

Oui, car je vous avais prié de ne plus revenir. Vous avez encore l’intention de faire du mal, mais vous ne le ferez plus en cachette, et les gens que vous accusez seront là pour se défendre.


denis.

Si je reviens, malgré que vous m’avez chassé, comme je ne reviens pour vous, la belle Rose, vous pouvez bien me souffrir parler à ce vieux dans la demeurance à vos métayers. Pour lors je me présente dans des intentions, simplement pour causer, à seules fins de s’entendre. Vous voulez appeler tout votre monde en témoignage de ce que je vas dire, eh bien ! J’y donne mon consentement. La ! y sommes-nous ?


fauveau, de sa place.

Nous y sommes, sous la condition qu’on ne disputera point. Il y en eu assez comme ça, aujourd’hui, des paroles !


rémy, très calme.

Soyez donc tranquille, père Fauveau, c’est moi qui vous réponds de M. Denis Ronciat.


denis, s’enhardissant.

Pour ça, vous avez raison, père Rémy !… Et tiens, mon vieux, d’après ce que j’ai à te dire, nous allons nous entendre vitement, je l’espère.

Il lui frappe sur l’épaule.

rémy, raillant.

Ah ! vous me donnez du tu, monsieur Ronciat ? Vous me touchez sur l’épaule ? C’est bien de l’honneur que vous me faites !


denis, interdit.

Vous êtes gai, à ce soir, père Rémy ! Ça va donc mieux ! J’en suis content !