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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/298

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claudie.

Et je vous ai menti ?


sylvain.

Se taire, c’est mentir, dans l’occasion.


claudie.

Dans l’occasion ! quelle occasion ?


sylvain.

Oui, quand on souffre l’amitié d’une personne à qui on ne veut point avouer ce qu’on est.


claudie.

Vous avez raison ; mais quand on ne souffre l’amitié de personne, on n’est obligée à rien envers personne.


sylvain., suffoquant.

À la bonne heure ! Gardez donc vos secrets et vos amitiés ! Personne ne vous les demande plus. (On entend un bruit de voix.) À moins que ça ne soit Denis Ronciat ! Car c’est sa voix que j’entends !


claudie, à part.

Denis Ronciat !… Mon Dieu ! c’est trop pour un jour !

Elle tombe sur une chaise et reste atterrée. Sylvain s’assied accablé de l’autre côté près de la table, et affecte d’être indifférent à tout ce qui se passe.




Scène VII


Les mêmes, ROSE, DENIS RONCIAT, RÉMY, FAUVEAU, LA MÈRE FAUVEAU.




rose, entrant la première.

Eh bien ! si vous voulez vous expliquer, ça se passera devant moi et devant toute la famille.


denis

Ça ne me fait rien, je n’ai peur de personne.


fauveau., entrant avec Rémy.

Père Rémy, soyez calme ! Pas de bruit chez nous, hein ?

Il va à gauche et s’assied sur le coin de la table ; la mère Fauveau le suit