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claudie.

Je ne suis pas malade. D’ailleurs nous serions rendus chez nous à cette heure. Qu’est-ce que nous venons faire ici, mon Dieu ! Ce n’est point notre place !


rémy, la regardant.

Que veux-tu ? madame Rose est si bonne ! Elle criait, elle pleurait ! Fallait-il résister à son bon cœur ? J’ai cru que tu serais bien aise de lui pardonner et de revoir la mère Fauveau qui t’aime tant.


claudie.

Je pardonne à tout le monde, mais je ne voulais pas revenir. Et vous ne m’écoutiez pas !


rémy.

Ne me gronde pas, Claudie. Que veux-tu ? à mon âge, et quand on sort tout d’un coup d’une maladie, on retombe, on perd son courage !


claudie.

Non, grâce au bon Dieu, vous êtes guéri comme par miracle ! (Le regardant à son tour.) Vous avez l’air tranquille et fort, et tout reverdi ! Mon cher père ! Allons nous-en !


rémy.

Je ne me sens point de mal, mais je suis las, bien las, ma fille !

Il s’assied à gauche et dépose son bâton et son chapeau sur la table.


claudie.

C’est vrai, mon Dieu, vous devez l’être ! Ah ! mon pauvre père ! Je suis la cause qu’on vous tue !


rémy.

Eh bien, est-ce que je me plains de quelque chose ? Pourquoi me dis-tu ça ? Est-ce que je t’ai jamais fait un reproche, moi ?


claudie.

Oh ! vous ! Vous êtes le bon Dieu, pour moi !


rémy.

Je ne suis pas le bon Dieu, Claudie ! Je suis un pauvre