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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/287

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la mère fauveau.

C’est donc que vous êtes malade ?


fauveau.

Eh ! non, femme, je me porte bien.


la mère fauveau.

Tenez, mon homme, vous avez du souci.


fauveau.

Ma foi, non, je suis plutôt content.


la mère fauveau.

Ah ! vous êtes content, vous ? Il n’y a pas de quoi.


fauveau, avec colère.

Voyons, qu’est-ce qu’il y a ? Tredienne, depuis tantôt deux heures vous me boudez, vous ne me parlez point, et à cette heure, voilà que vous me regardez avec des yeux tout moites, qui ne valent rien.


la mère fauveau, tristement.

Mon pauvre cher homme, les yeux de votre femme sont le miroir de votre conscience, et vous n’êtes point content de mes yeux, quand vous n’êtes point content de vous-même.


fauveau.

Tu veux que notre garçon ait raison d’aimer cette Claudie ? Eh bien, tu es folle ! J’aimerais mieux me couper les deux bras que de donner la main à un mariage comme ça.


la mère fauveau.

Vous aimeriez mieux perdre votre fils ?


fauveau.

Femme, femme, je ne sais pas si c’est pour m’endormir ; mais vous me dites là des paroles !


la mère fauveau.

Ah ! que les hommes sont aveugles !


fauveau, avec colère.

Aveugle, moi ?


la mère fauveau.

Vous n’avez donc point vu ce que Sylvain a tenté quand la charrette qui emmenait Claudie et son père est sortie de la cour ?