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sylvain.

Si je vous ai manqué en quelque chose, pardonnez-le-moi, mon père.


fauveau.

Non, non, mon garçon. C’est moi qui suis précipiteux. N’y pensons plus ! (À part.) Ça se remmanche ! Il n’y a pas trop de mal ! Je cours dire ça à la bourgeoise et l’empêcher de faire paraître son dépit. (Il sort.)




Scène IX


SYLVAIN


Me marier, moi ! oh ! jamais, par exemple, car il n’y a point de femme sans reproche. Non ! Il n’y en point, puisque Claudie est fautive ! La maîtresse de Ronciat, d’un sot, d’un glorieux qui n’a pour lui que son argent, son assurance auprès des femmes, son air hardi et content de lui-même ! Ah ! les plus retenues dans l’apparence sont les plus trompeuses ! Elle l’a aimé, elle s’est abandonnée à lui ! Et sans doute qu’elle l’aime encore, et qu’elle n’est venue en moisson par ici que dans l’espérance de se faire épouser, comme il le prétend ! Et moi, qui croyais qu’elle m’aimait secrètement et qu’elle me le cachait par grande vertu ! (Se levant.) Mais peut-être bien qu’il m’a menti ce Ronciat ! Il a du dépit de ce que la Rose ne veut point de lui, et il ne sait à qui s’en prendre. Ça ne serait pas la première fois qu’il se vanterait d’être bien avec une femme qui ne le connaîtrait seulement point ! C’est la coutume des farauds comme lui ! Ils vous disent ça dans l’oreille, ils vous demandent le secret, et celle qu’on décrie ne peut point se défendre… Ah ! Claudie !… Je veux qu’elle me parle, qu’elle s’accuse, qu’elle se confesse de tout ! Sinon, je veux la mépriser et l’oublier.