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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/272

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Rose (Avec intention.) Et si, vous êtes fautive comme une autre ; je ne vous reproche point, moi, quelques petites aventures que vous avez eues pendant et depuis votre mariage ! Allez ! allez ! Nous ne sommes pas des anges, ni vous, ni moi, ni les autres ; et vous pourriez bien avoir pour moi la tolérance que j’ai pour vous !


rose.

Vous voulez faire l’insolent, ça ne servira qu’à me dégoûter de vous davantage.


denis.

Non, ça n’était point dans mon intention.


rose.

Si fait ; vous autres beaux garçons à la mode, vous tirez gloire de vos faiblesses, et vous tenez les nôtres à déshonneur. Mais je sais, moi, que personne ne peut venir me dire que je lui ai fait du tort, que je l’ai mis dans la peine et laissé dans la honte. Mes fautes, si j’en ai commis, n’ont nui qu’à moi, tandis que la vôtre a été tout profit pour vous, tout dommage pour le prochain. Allez-vous en là-dessus, et ne me parlez point davantage.


denis.

Voilà donc mon congé expédié ! On tâchera de s’en consoler. (À part, en se retirant.) Je dois ça à Claudie. Ah ! par ma foi, Claudie, tu me le payeras ! (Il sort.)




Scène V


ROSE


Ça n’est pas vrai ! Sylvain ne regarde point cette Claudie. Son père ne serait point assez fou pour me dire qu’il est malade d’amitié pour moi, tandis qu’il songerait à une autre. (Apercevant le père Fauveau du haut de la galerie.) Ah ! le voilà, ce père Fauveau. Faut en finir ! Faut savoir la vérité !