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denis.

Claudie, voyons, écoute-moi… j’ai été oublieux, c’est vrai ; je me suis mal comporté envers toi, c’est encore vrai, et tu as le droit de vouloir me punir en faisant du tort à ma réputation ; mais il ne faut pas comme ça donner son cœur à la rancune. Tout peut s’arranger.


claudie.

Non, Denis ! Rien ne peut plus s’arranger, car il y a longtemps que je ne vous estime plus, et que, par suite, je ne vous aime point.


denis.

Voyons, Claudie, voyons ! Si je t’offrais là, cent bons écus…


claudie.

le repoussant du geste. Malheureux que vous êtes ! denis. Eh bien, quatre cents francs ! cinq cents, là !


claudie.

Taisez-vous donc ! Vous m’offririez tout ce que vous avez, que je regarrais ça comme un affront que vous me faites. (Elle passe à droite.)


denis.

Ah ! dame ! Aussi tu en veux trop ! Tu veux que je t’épouse !


claudie.

Tant que mon pauvre enfant a vécu, j’ai dû le vouloir à cause de lui ! Mais à présent, j’aimerais mieux mourir que d’épouser un homme que je méprise.


denis.

Ah ! que vous êtes mauvaise, Claudie ! Vous voulez vous revenger, je vois ça ! On vous a dit que j’allais me marier avec la bourgeoise de céans, mais ça n’est pas vrai, c’est des propos.


claudie.

Je ne sais rien de vous. Je ne vous savais seulement pas dans le pays d’ici.