Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/236

Cette page n’a pas encore été corrigée


qui est borgne. Treize et demie à Denizon du Maranbert. Vingt journées à Étienne Bigot et autant à son frère.


la mère fauveau, en dehors du hangar.

En voilà encore deux qui demandent leur paye parce qu’ils veulent partir.


sylvain, tressaillant.

Qui donc ?


la mère fauveau.

C’est ce vieux, avec sa petite-fille. (Mouvement de Sylvain. La mère Fauveau parlant au fond) Eh bien ! approchez donc, mes amis, ou va vous contenter.

Elle s’assied près du puits et épluche des légumes.




Scène V


FAUVEAU, SYLVAIN, LA MÈRE FAUVEAU, RÉMY, CLAUDIE




rémy, se découvrant.

Pardon, excuse, si on vous importune, mais on voudrait s’en retourner à ce soir ; on a six lieues de pays a marcher d’ici chez nous.


sylvain.

Ce soir ! Vous n’y songez point !


fauveau, comptant de l’argent.

On va toujours vous payer, si vous le souhaitez. (Regardant Rémy.) Ah ! c’est le père Rémy de Jeux-les-Bois, un homme ancien, quatre-vingts ans, pas vrai ?


rémy, se dressant.

Quatre-vingt-deux ans, et qui moissonne encore…


sylvain.

Un ancien militaire, qui a été sous-officier, et qui a reçu de l’éducation, mon père.


rémy.

Oh ! de l’éducation pas plus que vous, maître Sylvain !