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fauveau.

Et, quand on lui parle de votre mariage avec Denis Ronciat, il prend un souci… On dirait qu’il tremble la fièvre ! (Regardant vers le fond.) Tenez, voilà sa mère qui vous le dira tout comme moi.


rose.

Eh ! non ! ne me parlez point de ces badineries-là devant elle.




Scène II


LA MÈRE FAUVEAU, FAUVEAU, ROSE.




fauveau, à la mère Fauveau, qui entre du fond et qui se dirige vers la porte de gauche. Elle porte un grand panier couvert d’une serviette.

Eh bien, femme, vous ne dites donc rien à notre maîtresse ? vous ne lui demandez point ses portements ?


la mère fauveau, qui a déposé son panier près du puits, allant à Rose et lui prenant les mains.

Oh ! je l’avais vue avant vous, et les portements de notre bourgeoise sont écrits tout en fleur sur sa figure.


fauveau, passant à la gauche de Rose, à sa femme.

Ça, c’est bien dit. Mais écoutez donc, femme ! C’est-il pas

vrai que, depuis un tour de temps, notre Sylvain est tout chose… comme contrarié, comme chagriné, dis ?


la mère fauveau.

C’est la vérité qu’il n’est pas bien… et j’ai grand’crainte qu’il ne prenne les fièvres après moisson.


rose, qui se trouve au milieu.

Qu’est-ce qu’il a donc ?


la mère fauveau.

J’en ignore ; c’est un garçon qui ne se plaint ni ne s’écoute.


fauveau.

Ça ne serait-il point qu’il aurait une amour chagrinante dans la tête ?