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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/226

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fauveau.

Ces affaires-là ne prendront donc point finissement ? Depuis trois ans que vous êtes veuve !


rose.

Tu sais bien, père Fauveau, qu’il faut patienter quand on se met dans les procès ! Mais, par la grâce de Dieu, m’en voilà débarrassée, j’ai gagné le mien.


fauveau.

Bien gagné ? Là, en appel ?


rose.

En appel ! (Elle descend les marches et s’assied du même côté.)


fauveau.

Diache ! Vous voilà riche à cette heure madame Rose ? Une métairie comme celle-ci ! (Regardant autour de lui avec complaisance.) Et je dis qu’elle est sur un bon pied la métairie des Bossons, et qu’il y a du plaisir à en être métayer ! Avec les trois locatures qu’on vous contestait. Ca vous fait pas beaucoup moins de trois mille bonnes pistoles au soleil.


rose.

Oui, trente mille francs approchant. Ah ça, où en êtes-vous de la moisson ? Avez-vous rentré le tout ?


fauveau.

Ma fine, vous arrivez bien à propos pour la gerbaude, et dans une petite heure d’ici, je crois bien que mon garçon Sylvain viendra vous chercher, s’il vous sait de retour, pour voir lever la dernière gerbe et y attacher le bouquet.


rose.

Alors, on dansera et on soupera ?


fauveau

Tout est prêt… les femmes sont en train de désenfourner, et le cornemuseux est déjà rendu. Ah ! l’on comptait bien sur vous, car Denis Ronciat est déjà venu deux fois à ce matin, pour savoir si vous étiez arrivée.