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reillement… Mais voilà François ; je vas essayer encore une fois de le confesser, et, si je n’y réussis point, il faudra que j’y renonce.

Catherine sort en portant les liens.




Scène II


FRANÇOIS, MADELEINE.




MADELEINE.

Eh bien, toujours cet air chagrin !


FRANÇOIS.

Et vous, toujours cet air inquiet ! J’ai envie de vous gronder, madame Blanchet ; car, enfin, vous vous tourmentez de tout.


MADELEINE.

Mais je vois que tu maigris et que tu n’as point la mine que tu avais il y a trois mois.


FRANÇOIS.

C’est qu’il y a trois mois le soleil était moins chaud et l’ouvrage moins pressant ; voulez-vous donc qu’en temps de moisson, je sois frais comme un pâquerette ? Tout le monde est bien de même depuis que l’on coupe le blé.


MADELEINE.

Oh ! il y a le feu du soleil et le feu de la fièvre, j’en connais la différence… Me jurerais-tu que tu n’as aucun souci ?


FRANÇOIS.

Est-ce qu’il est possible de vivre vie mortelle sans avoir quelque ennui ?… Par exemple, j’en ai un que je puis vous dire, et à quoi il faut bien que nous cherchions remède ensemble.


MADELEINE.

Ah ! enfin, dis-le donc !


FRANÇOIS.

Ce n’est point ce que vous croyez, et ce que c’est, vous ne vous en doutez seulement pas !…