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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/192

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SÉVÈRE.

Mais vous en doutez ? En ce cas, vous êtes la seule, car tout le monde sait bien qu’un beau jour votre frère le trouva en grande accointance avec sa femme et l’assomma à bons coups du manche de son fouet, puis le jeta hors de son logis.


FRANÇOIS, à part.

Oh ! menterie abominable !


MARIETTE.

Vous ne mentez points Sévère ? vous en feriez serment ?


SÉVÈRE.

Je le tiens du pauvre défunt, qui n’était point si heureux ni si honoré chez lui qu’on veut bien le dire.


MARIETTE.

Et alors, il tentera de l’épouser, à présent qu’elle est veuve ?


SÉVÈRE.

Savoir ! il paraît qu’il commence à s’en dégoûter, puisqu’il vous honore de son attention ; mais c’est un grand innocent qui, sa vie durant, sera gouverné par la veuve, et vous n’aurez de son amitié que ce qu’il conviendra à la veuve de vous en laisser. Voyez si ça vous flatte !


MARIETTE.

Si c’est là le train qu’elle mène, je lui conseille de me blâmer et de vous critiquer, à présent ! Eh bien, je vas la saluer, moi, et m’en aller demeurer avec vous ; et, si elle s’en offense, je lui répondrai, et, si elle veut me contraindre, je plaiderai, et la ferai connaître pour ce qu’elle est, entendez-vous !…


SÉVÈRE.

La loi vous donnera tort, parce que vous êtes mineure ; il y a un meilleur remède, mignonne : c’est de vous marier au plus vite ; elle ne vous refusera pas son consentement, parce qu’elle doit voir que le champi vous courtise. Vous ne pouvez pas attendre, voyez-vous, parce qu’on dirait bientôt de vi-