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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/191

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rez peut-être que c’est la coquetterie qui me tient, et le dépit que j’ai de voir qu’il sait si bien se défendre de moi. C’est possible, mais, pas moins, j’en sèche de souci… Quand je vas chez vous faire la charmante avec d’autres, c’est tout bonnement parce que j’enrage contre lui, et que je voudrais le faire enrager contre moi ! quand je crois que je l’ai rendu jaloux, je suis contente, et, quand je crois qu’il ne l’est point, je voudrais être morte !

Elle se met à pleurer. Sévère la flatte et la caresse.

SÉVÈRE, à part.

Je m’étais toujours doutée de ça !




Scène VIII


FRANÇOIS, sans être vu ; MARIETTE, SÉVÈRE.




FRANÇOIS, sur le seuil de la porte du fond.

Déjà la Sévère à l’œuvre !

Il écoute sans se montrer.

SÉVÈRE.

Oh ! foin du champi ! Comment, mignonne, une fille de votre rang épouserait un champi ! J’en aurais honte pour vous, ma pauvre âme, et encore ce n’est rien ! Il vous le faudrait disputer à votre belle-sœur, car il est son bon ami ; aussi vrai que nous voilà deux !

François est au moment de se montrer, il fait un geste d’indignation et se cache de nouveau.

MARIETTE.

Là-dessus, Sévère, je ne puis vous croire ; ma belle-sœur est une honnête femme, et, d’ailleurs, elle est d’un âge…


SÉVÈRE.

Elle n’a guère que trente ans, et ce champi n’était encore qu’un galopin, que… Est-ce que vous ne savez point la cause pourquoi votre frère l’a chassé ?


MARIETTE.

Vous me l’avez déjà donné à entendre, mais…