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nie, qui est preste comme un papillon, coure bien vite, ce soir et encore demain matin, dire à toutes nos pratiques que le moulin crie comme dix mille diables, et qu’il y a à la meule un rude meunier qui attend le grain.


JEANNIE.

J’y vas, j’y cours, mon François !


CATHERINE.

Prends donc tes sabots et ton bonnet de laine !


JEANNIE.

Non, non ; j’irai plus vite comme je suis.

Il sort en courant. Catherine le poursuit pour lui faire prendre son bonnet.

FRANÇOIS.

À présent, Catherine, donne-moi la clef de la crédence… C’est bien toujours là que tu ranges tous les papiers ?…


CATHERINE, lui donnant la clef.

Tous les papiers du défunt y sont, et mêmement tous ceux que les huissiers ont apportés depuis. Moi, je n’y connais rien, bonnes gens !… Mais, puisque tu sais lire dans les écritures, tu vas examiner tout ça…


FRANÇOIS.

Et maintenant, vu dormir, Catherine.


CATHERINE.

Oh ! non pas ; je ne quitte jamais notre maîtresse la nuit… Elle est si faible !


FRANÇOIS.

Mais la demoiselle Mariette la veille bien à son tour ?


CATHERINE.

Oh ! ma fine, jamais ; c’est jeune, voyez-vous ; ça ne connaît pas la peine ; d’ailleurs, moi, ça m’est égal ; je dors un peu sur ma chaise ; et il y a, ma foi, bien un mois que je ne me suis pas couchée chrétiennement dans un lit deux heures d’affilée.


FRANÇOIS.

C’est pour ça que tu vas dormir dans le tien bien chré-