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Page:Sand - Theatre complet 1.djvu/157

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Scène VII


MARIETTE, CATHERINE, FRANÇOIS.




CATHERINE, essoufflée.

Vous m’appelez, demoiselle Blanchet ?… Notre maîtresse est éveillée ?… Il faut la faire boire. (Elle s’approche du feu pour prendre la tisane et se relève effrayée. Il fait sombre.) À qui diantre sont ces jambes-là ?… Oh la ! vous m’avez quasiment fait peur, vous !… Tiens !… ça ne répond point ; avec ça que la demoiselle a laissé mourir le feu. (s’approchant de Mariette.) Ah ! demoiselle !… déjà un de vos galants à la maison ?… C’est trop tôt !… vrai, c’est trop tôt.


MARIETTE, à demi-voix.

Oui !… un beau galant !… c’est plutôt un voleur… ou un fou… ou un sourd ; enfin, je ne sais qui c’est ; et c’est de peur que je t’ai appelée.


CATHERINE, élevant la voix.

Oh ! n’ayez crainte ; je suis là, et Jeannie n’est pas loin.


FRANÇOIS, sortant de sa rêverie.

Jeannie !… où est-il Jeannie ?… Il n’est pas malade, lui ?…


CATHERINE, grossissant sa voix.

Il est grand comme un chêne, hardi comme un soldat, et corporé comme un charpentier, entendez-vous ?… et à nous deux on ne vous craint guère, comprenez-vous ?


FRANÇOIS, se parlant à lui-même.

Ah ! Dieu soit loué !… ce cher petit enfant !


CATHERINE, à Mariette.

Voyez-vous, demoiselle, qu’il n’est point sourdaud, et qu’il connaît Jeannie !…


MARIETTE, à Catherine.

Raison de plus, il a quelque mauvaise idée.


CATHERINE.

Mais, moi, s’il nous ennuie, je saurai bien lui jeter un lan-