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rance de nos usines futures, fournissait encore, malgré la sécheresse et le mauvais état des pelles, une eau limpide aux petits fossés du castel d’Estorade. Ce vieux manoir n’était pas d’une grande étendue. Son groupe de tourelles, resserré sur une plate-forme de rochers d’un beau ton et d’une belle forme, gagnait en hauteur le logement qu’il ne pouvait pas fournir en développement. Sa masse élancée plongeait d’interminables reflets dans l’eau tranquille des fossés, et de colossales vignes vierges grimpaient jusqu’aux fenêtres du premier étage.

Ce château se présentait, à mi-côte, en face de la maisonnette rose, à contrevents vert-pomme, que le père de Narcisse avait bâtie au versant opposé de la vallée, et décorée du nom quelque peu ambitieux de Folie-Pardoux. Il n’y avait rien d’excentrique dans cette demeure bourgeoise, assez confortable, dont l’aspect criard rentrait dans le goût classique de la localité. Je doute que, vue des fenêtres du château, elle offrît un accident agréable dans le paysage ; mais, tout au contraire, le château complétait la charmante vue que l’on avait des fenêtres de la Folie. Il avait l’air fier et mélancolique sous sa couleur sombre et son revêtement de feuillage ; et, précisément de ce côté-là, la Gouvre baignait de ses propres eaux limpides et hâtées son piédestal de granit.

Narcisse n’était pas artiste.

— Voyez, me dit-il, si ce n’est pas dommage de laisser