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Le pays était charmant ; plusieurs coulées de petites gorges granitiques sillonnaient un vaste plateau élevé, couronné de groupes de beaux châtaigniers, et garni, sur ses versants, de jolis bois de hêtres et de bouleaux. Au fond de ces gorges qui se croisaient en nombreux méandres coulaient, ou plutôt bondissaient de charmants ruisseaux qui, en luttant contre les blocs de leur lit, se donnaient, de temps en temps, des airs de torrent. Mais, malgré ces aspérités et ces bruits, cette nature était riante et comme plongée dans un calme mystérieux.

Au fond de ces ravines, on trouvait l’ombrage frais et sombre de groupes d’arbres et de buissons semés au hasard et jusque dans le lit des ruisseaux. Là, les rochers noirâtres, baignés de l’écume blanche des eaux jaillissantes, et rayés de grands lierres pleins de grâce, offraient une suite de tableaux adorables, dans un cadre que l’œil embrassait sans effort. Les sinuosités des torrents vous forçaient à mille détours où chaque pas variait et embellissait les aspects. Si l’on gravissait les talus, parfois tourmentés et assez élevés, de ces ravines, on découvrait de vastes espaces d’une grande beauté, et la laide ville de la Faille, allumant au soleil, dans un lointain bleu, son clocher d’ardoises neuves, faisait, à son insu, le seul bon effet dont elle fût susceptible.

La Gouvre, ce ruisseau étroit, mais profond et toujours abondant, sur lequel nous fondions la principale espé-