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est difficile ; mais ailleurs, à Estorade, par exemple ?

— Vous y allez donc encore quelquefois ? s’écria Narcisse. On disait que vous aviez fait le vœu de ne plus sortir !

— On s’est trompé ; je sors quand je veux ; rarement, il est vrai, et il y a bien longtemps que cela ne m’est arrivé ; mais je n’ai fait aucun vœu. Je n’ai point aliéné mes biens, et une visite à mes propriétés de campagne ne sera pas inutile. Quel jour voulez-vous nous y rencontrer ? Je sais que vous avez toujours là votre maison d’autrefois, la Folie-Pardoux ?

— Fixez le jour vous-même, demoiselle.

— Eh bien, le plus tôt possible.

— Demain ?

— Demain, soit ! Serez-vous libre ? ajouta Narcisse en s’adressant à moi.

— Je ne me crois pas nécessaire à cet entretien tout confidentiel, répondis-je. Je n’ai pas l’honneur d’être l’ami d’enfance de mademoiselle d’Estorade…

— Il faut que vous soyez mon ami, reprit-elle. Vous voyez, dans ce moment-ci, je ne suis pas fière. J’attends tout de vous. Eh bien, je n’ai pas de honte à vous le demander ; j’ai quelque espoir de vous en paraître plus digne quand je vous aurai raconté mon histoire. Viendrez-vous ?

Je saluai en signe d’assentiment respectueux. On con-