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voilà prête à lui en faire l’abandon ; mais si, au contraire, le terrain a toujours appartenu à la communauté, je n’ai peut-être pas le droit de l’aliéner.

— La communauté, c’est vous ! reprit Narcisse, qui, de son côté, se remettait peu à peu. Le couvent a été vendu dans le temps comme bien national. Vous l’avez racheté depuis peu, restauré, utilisé ; personne n’a à vous en demander compte ; c’est votre bien, et je sais, par votre avoué lui-même, que vos religieuses n’ont rien à y prétendre.

Mademoiselle d’Estorade parut un peu embarrassée.

— C’est possible, dit-elle ; mais j’ai des devoirs envers mes sœurs. Je me suis engagée à leur assurer l’isolement, le repos, le silence, le cloître, en un mot. Que diraient-elles d’un voisinage qui me forcerait à murer tout un bâtiment dont elles peuvent avoir besoin ?

— Elles n’en ont pas grand besoin, à ce qu’il paraît, reprit Narcisse, puisque vous avez donné des ordres à l’architecte de la ville pour qu’il eût à murer et à condamner absolument les fenêtres de ce côté-là. Il m’a dit, hier, que, dans quinze jours, les ouvriers y seraient, et il aurait déjà dû les y mettre ; car nous voici à la fin d’août, et la bâtisse qu’on fait en septembre ne tient pas, dans nos pays, contre les gelées d’hiver.

Mademoiselle d’Estorade ne répondit rien, et Narcisse, qui, en somme, ne manquait pas de finesse, me regarda