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le monde m’a dit que je gagnerais. Mais la chose n’en valait pas la peine ; et puis je répugnais à plaider contre une personne qui a été autrefois comme ma sœur !

— Et, à présent, vous avez pourtant encore cette grosse affaire sur le cœur ?

— Que voulez-vous ! c’est le procédé qui m’a blessé ! Dans nos petits endroits, on se souvient longtemps des petites bisbilles. Eh bien, voyez-vous, elle a été punie de son entêtement. Si ce bout de terrain m’eût appartenu, elle eût fait murer cette porte par où elle est sortie, on peut dire, du bon chemin, et elle n’eût peut-être jamais échangé un mot avec ce comédien, ni seulement aperçu sa figure.

— Convenez que c’est payer bien cher une bien légère faute envers vous !

— Oui, oui, cent fois trop cher ! Et je voudrais que le diable eût emporté la porte, le terrain, et Albany par-dessus le marché.

Je voyais l’excellent Narcisse très-agité et très-affecté. Il voulait écrire à mademoiselle d’Estorade pour lui dire de prendre garde à elle, mais il n’osait pas ; il ne s’en sentait pas le droit. Il avait envie de chercher querelle à Albany.

— S’il était lâche, disait-il, je le ferais partir en le menaçant de le tuer ; mais il ne l’est pas, et il pourrait faire un scandale où, en dépit de moi, le nom de Juliette d’Estorade serait compromis et sa faute ébruitée.