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ne se permettait pas le bouquet et l’éventail, attributs privilégiés de la première société.

On représentait la Dame blanche avec assez d’ensemble. L’orchestre, composé en partie des amateurs de la ville, était un peu pâle, mais assez correct d’exécution. Les chanteurs manquaient de voix et de prestance, ce qui expliquait que Paris ne les eût pas recrutés ; mais la plupart savaient leur métier, et, soit que je fusse disposé à l’indulgence, m’étant attendu à quelque chose de pire, soit que cette aimable et charmante musique puisse se passer d’interprètes de premier ordre, j’écoutai avec plaisir, et je renforçai même les applaudissements assez parcimonieux de l’assistance.

Il est beaucoup de petites et même de grandes villes de province où l’on n’applaudit jamais au théâtre. C’est un signe infaillible d’inintelligence, car il n’est si pauvre troupe et si maigre spectacle où il ne se trouve quelque situation convenablement rendue, ou quelque sujet relativement supérieur. D’ailleurs, l’intérêt bien entendu du spectateur est d’encourager les artistes qu’il vient voir pour son argent. Les bravos donnent de l’entrain et du nerf au comédien ; le silence le glace et le paralyse.

Mais le public de certaines provinces se compose de deux classes d’amateurs : l’une qui a fréquenté la capitale et qui rougirait d’approuver ailleurs quelque chose ; l’autre qui n’est jamais sortie de son département et qui pren-