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duite de ma vie intérieure. Pour tout le reste, mes devoirs étaient si nettement tracés, que je n’ai pas eu de peine à les remplir. Mais, en ce qui concerne Narcisse, j’ai trop tardé à l’aimer, cela est certain. Dirai-je que ce n’est pas ma faute ? Je ne l’ose pas. J’ai cru devoir m’en confesser dans les termes que je vous ai rapportés, parce que, quand une personne résolue à bien penser et à bien agir laisse prendre à son esprit une autre voie que celle de la justice et de la raison, il ne peut y avoir de la faute de la destinée.

» Pour moi, la destinée, c’est l’influence du ciel ; c’est l’action de Dieu en nous. Or, je crois que la grâce ne nous fait jamais défaut, et que, quand, dans les choses délicates du cœur, une femme manque de lumière et de prudence, c’est parce que, à un moment donné, elle a cédé à quelque suggestion de l’orgueil ou de la vanité. Je me suis toujours persuadée qu’en m’occupant de la conduite d’Albany, je travaillais pour le bien, pour le vrai, pour ce que nous appelons le règne de Dieu dans les âmes ; mais il est possible qu’au fond de ma sollicitude, il y eût autre chose. Quoi ? Il m’est impossible de le définir. Je me suis interrogée en vain là-dessus, dans ces derniers temps, et, comme je ne m’intéressais plus à lui, je ne pouvais plus me donner aucune bonne raison de m’y être intéressée. Tout ce que j’ai pu trouver à me reprocher, c’est d’avoir cru imposer l’influence de ma vertu