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Je promis de faire ce qu’elle voulait ; mais j’essayai de dire, comme elle, que cette mesure de précaution spirituelle ne devait pas et ne pouvait pas sérieusement alarmer ses amis.

— Oh ! vous, répondit-elle en me tendant sa main diaphane, vous êtes un homme raisonnable ! Il faut que vous soyez préparé à tout, pour soutenir mon pauvre Narcisse dans cette épreuve. Je crois que je ne me relèverai pas de ceci. Je me sens mourir un peu tous les jours. Je ne souffre pas beaucoup, si ce n’est d’étouffer la nuit. Mais les journées sont assez douces, et je n’ai pas de tristesse noire. Je suis résignée à mon sort, quel qu’il soit. Il y a si longtemps que je me suis donnée à Dieu, corps et âme, que je n’ai plus de mérite à m’en rapporter à lui pour ce qui convient le mieux à ma destinée en ce monde ou en l’autre. Vivre ou mourir, c’est comme il voudra.

» J’ai pourtant quelque chose à me reprocher que je veux vous dire, bien que je ne m’en sois pas confessée ouvertement au prêtre. Cela vous étonne ? C’est qu’il n’y avait rien là de ce qui constitue un péché. Je me suis accusée seulement d’avoir manqué de clairvoyance envers moi-même et envers les autres, et d’avoir attaché trop de prix à une sympathie qui ne valait rien, tandis que je laissais souffrir, par ce fait, une amitié qui eût dû être tout pour moi. Il n’y a pas eu d’autre erreur dans la con-