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d’aller risquer sa vie devant un homme dont on est résolu à se défaire. J’ai averti monsieur de mes intentions, et je les lui réitère devant vous. Il ne me plaît pas qu’il entre la nuit dans mon jardin, et je me trouve insulté par cette habitude-là, qui date de loin. Je lui ai défendu d’y remettre les pieds, et il m’a répondu de manière à me faire croire qu’il ne se le tient pas pour dit. Eh bien, comme je ne voulais pas risquer d’élever la voix malgré moi dans l’auberge, je l’ai prié de sortir avec moi pour entendre ce que j’avais à lui dire, et voici ce que c’est : Si je retrouve monsieur dans ma maison ou dans mon enclos, ou seulement sur mon mur, je le tuerai comme une fouine, sans l’avertir, sans lui donner le temps de se défendre ; je l’assassinerai, en un mot. Monsieur dit que ce sera le fait d’un lâche ; moi, je dis que non, car j’y risquerai bien assez ma vie ! J’irai faire ma déclaration sur l’heure et me constituer prisonnier ; la loi fera de mon cou ce qu’elle voudra. J’aurai là affaire à quelque chose de plus dangereux que l’épée d’un homme plus ou moins adroit. Je ne serai donc pas un poltron qui craint pour sa peau, et je me serai débarrassé d’un particulier qui m’offense.

Albany affecta de lever les épaules et de rire avec dédain du raisonnement terriblement serré de son rival. Il faisait bonne contenance, et j’approuvai le sang-froid dont il sut ne pas se départir. Il ne mêla pas plus made-