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réparée ni habitée. Quand je vous dis que ces dévotes… Mais laissons-les tranquilles. Je ne veux pas m’en chagriner ; au contraire, je m’en réjouis à présent, puisque vous avez besoin de solitude, et que cette disposition du terrain est cause que je n’ai pu faire de mon jardin, trop étroit, une salle de danse pour les bals d’été. Il est donc libre, et il est à vous !…

Quelques jours après, j’étais installé dans le kiosque, qui avait pris, entre Pardoux et moi, le titre de cabinet de travail, vu qu’il m’en offrait toutes les aises. Il était propre, frais et parfaitement solitaire. J’y passais mes soirées, après avoir couru les alentours de la ville tout le matin, et souvent l’après-midi. Quand j’avais rapporté et mis là mes échantillons, je n’avais plus que l’étroite ruelle à traverser pour aller prendre mes repas dans une chambre particulière du café, avec mon brave Pardoux, qui s’attachait à moi autant que je m’attachais à lui, et qui, peu à peu, découvrait ce qu’il appelait des trucs pour faciliter la liberté de mes démarches et assurer le mystère de ma retraite.

En somme, rien n’était plus simple que de venir, soir et matin, manger avec lui dans une chambrette isolée, donnant sur la ruelle. Au-dessous était une porte dérobée, en regard de celle du jardin. Mon ami n’avait pas de famille : il avait perdu sa mère et son vieux père, dont il ne parlait qu’avec de grosses larmes dans les