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car elle ne peut pas aller dans une maison où il y a un café, et Hortense, qui le comprend bien, fait de bon cœur la moitié du chemin. Malgré que tout soit ici sens dessus dessous, on s’assoit sur la terrasse au fond du parterre, et on cause quelquefois jusqu’à dix heures du soir.

» Quand le docteur et le curé ne trouvent pas mademoiselle d’Estorade au couvent, ils savent la trouver ici, et ils viennent par cette porte du jardin des religieuses, qui n’a pas été supprimée, comme vous le voyez. De cette manière, nous nous rassasions de regarder et de caresser Sylvie, sans laquelle Juliette ne fait pas un pas. Hortense, qui amène aussi ses enfants jouer chez moi, est folle de cette petite. J’ai décidé Juliette à la mettre du secret, car Hortense est la discrétion même, et elle aimait tant Louise ! Elle sait donc ce que son mari et les autres ne savent pas et ne sauront jamais. Vous voilà averti. J’espère que, ce soir, vous serez là, car justement Juliette nous a fait dire qu’elle viendrait, et je serai content que vous lui disiez que, grâce à vous, je suis sur le chemin de la fortune.

Cet aveu, qui venait naïvement couronner le naïf récit de Narcisse Pardoux, me fit penser qu’il avait conçu quelque projet ou caressé quelque rêve de mariage avec mademoiselle d’Estorade. Il rejeta bien loin cette supposition.

— Non, non, dit-il, je ne suis pas si fou que de prétendre… Ne lui parlez jamais de ça ! Ça gâterait tout