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souvenir de nos amitiés, afin de n’avoir pas d’explications embarrassantes à nous donner, dans le cas où nous aurions quelque soupçon de la chose.

» Cette enfant est encore la cause pourquoi Juliette a voulu se confier à vous et à moi, l’an passé, et voilà comment elle m’a expliqué son idée :

» — Je n’avais pas absolument besoin de vous dire tout ce que je vous ai raconté, ni de vous faire venir ici pour cela. Il aurait suffi que je vous dise au couvent, en trois mots : « J’ai connu Albany, il y a longtemps, dans une position honorable ; je l’ai retrouvé malheureux et compromis ; je lui ai rendu service en secret pour l’aider à s’échapper d’une mauvaise liaison. » Vous auriez plus ou moins cru à ma parole. J’avais confiance dans votre honneur, et je savais que vous ne me trahiriez jamais. Mais je me suis dit : Je ne suis peut-être pas pour vivre longtemps ; le moment de confier Sylvie à son oncle peut venir me surprendre. S’il lui reste dans l’esprit quelque soupçon contre moi, il aura, contre l’éducation que j’aurai donnée à cette enfant, des répugnances qui pourront rejaillir sur elle, et il la jettera peut-être dans des idées toutes contraires à celles que je lui enseigne. Non, non, il faut que Narcisse me connaisse, qu’il me conserve son estime, et qu’il me rende son amitié.

» Là-dessus, Juliette ajouta :