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moitié de son bien, c’est pourquoi elle n’a pas voulu ni se marier ni se faire religieuse, afin de garder la gouverne et la disposition de sa fortune.

» À présent, vous me demanderez pourquoi elle m’a toujours tout caché, ainsi qu’à tous mes parents, du temps qu’ils vivaient ? C’est encore une délicatesse de sa part. Le lâche, le gredin qui a séduit et abandonné ma sœur vivait encore, riche, marié, honoré, populaire, influent, et décoré par Louis-Philippe, dans notre sotte ville de la Faille, il y a deux mois. Tout réussit aux hypocrites ! Comme il n’avait pas compromis ouvertement ma sœur, et qu’après l’avoir demandée en mariage, il avait paru céder à regret, en se désistant, à la volonté de ses parents, ni mon père ni moi ne lui avions cherché querelle. Nous aurions craint d’ébruiter la chose, de faire un scandale qui aurait rejailli sur Louise, et enfin d’avoir l’air de convoiter la fortune et la considération, en nous obstinant à lui faire épouser cet homme malgré lui.

» Mais, Louise morte, si nous eussions connu son malheur, certainement nous en aurions fait un, nous autres ! Il aurait fallu que ce drôle nous fît raison, à mon père et à moi. Il n’y eût peut-être pas consenti, il est lâche ! Alors nous l’eussions roué de coups, et c’eût été pour nous la prison, peut-être pire ! Voilà pourquoi mademoiselle d’Estorade, non-seulement ne nous a rien dit, mais encore s’est éloignée de nous, et a eu l’air de ne plus se