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vait savoir et penser, à présent, d’Albany ; mais je n’osai pas et ne lui demandai rien.

» Nous étions entrés dans le village, qui est, comme vous le savez, composé d’une douzaine de petites maisons, dans le creux du val d’Estorade, entre le château et la Folie-Pardoux. Mademoiselle d’Estorade conduisit la petite Sylvie chez sa nourrice, et nous y trouvâmes Julia qui les attendait. Cette fille se jeta au cou de Juliette, l’embrassa malgré elle avec tant de manières exagérées, que cela en était désagréable à voir, et que je compris bien l’ennui que cela devait donner à une si digne personne, d’avoir à contenir une pareille familiarité. Julia, se sentant un peu remise à sa place, n’y fit pas d’abord grande attention, car elle est de ces natures qui ne comprennent pas du premier mot. Elle jeta son trop-plein de tendresse folle sur la petite Sylvie, au point de vouloir l’emmener tout de suite au château, dans ses bras, sans lui donner le temps de rester un peu avec sa nourrice. Mademoiselle d’Estorade lui fit observer que cela ne se devait pas, et la petite, qui se trouvait trop grande pour être portée au cou, se tira de ses grands bras de comédienne avec un peu d’impatience, pour aller, avec sa sœur de lait, dans le fond de la maison.

» Nous étions, dans ce moment-là, à l’entrée du petit jardin de la nourrice, et Julia s’y alla jeter sur un banc, tout à côté d’une ruche d’abeilles qu’elle manqua de ren-