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vent, afin qu’elle fût instruite dans la religion, dont elle ne sait ni a ni b, et que l’on pût éprouver ses bons sentiments avant de l’admettre au noviciat.

» Julia envoya promener les précautions, et l’hospice, et le curé de Morsaint, et l’idée d’aller trouver un évêque. Elle retourna auprès de Juliette et la mit au pied du mur, en lui disant que, si elle refusait de l’encourager et de l’instruire directement, elle renoncerait à se convertir et rentrerait dans le chemin de la perdition.

» Mademoiselle d’Estorade, voyant qu’elle seule avait du pouvoir sur cette pauvre tête, l’envoya demeurer au château d’Estorade, où elle commanda à ses domestiques de la bien traiter, de lui rendre compte de sa bonne ou mauvaise manière d’être, et où elle promit d’aller la voir une fois par semaine, jusqu’à ce qu’elle pût juger si elle était assez raisonnable pour demeurer dans son couvent.

» Voilà le commencement de l’histoire de mademoiselle Julia avec notre Juliette ; mais, pour vous dire comment j’en ai su les détails, il faut que je vous dise mon histoire, à moi, avec cette bonne sainte fille que j’aime bien, allez ! malgré qu’elle soit dévote et que je ne le sois guère !

— Oui, oui, Narcisse, je sais que vous êtes un voltairien, vous ! Mais qu’importe ? continuez donc !

— Ah ! dame, que je continue… c’est une histoire