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bah ! il n’y a pas de risque ! Ils sont trop poltrons de leur argent pour risquer un sou avant de voir le succès ; alors ils regretteront leur incrédulité, mais il sera trop tard !

— Permettez, lui dis-je, nous avons l’expérience des entreprises ; quelle que soit la couardise des habitants, dès que le bruit d’un établissement soutenu par des capitaux se répandra dans l’air du pays, tous ces gens qui raillent aujourd’hui continueront de railler, et même ils railleront davantage, voulant se tromper les uns les autres pour avoir chacun le monopole d’une fortune à faire. Et chacun d’eux agira en secret pour obtenir du gouvernement le privilège de l’exploitation. C’est à vous de savoir si vous voulez que quelqu’un d’eux en profite ; alors je me retire, et leur laisse le soin d’étudier eux-mêmes la question, s’ils en sont capables.

— Il n’y en a pas un ! Ce sont des ânes ! Et trop avares pour dire à un savant comme vous : « Travaillez à notre compte ! »

— Alors, comme de mon côté je ne consentirais, à aucun prix, à les servir, taisez-vous et laissez-moi faire. Votre but n’a jamais été d’enrichir monsieur tel ou tel de cette ville ou des environs ?

— Non, certes ! c’est en vue du pauvre monde que je rêve une industrie chez nous. Et puis l’amour du clocher, l’amour-propre si vous voulez ! Je serais fier et content de voir nos rues bien pavées et éclairées au gaz, nos